Réveils douceurs

Je devrais détester ce type d’objets. Je devrais leur en vouloir même, de me presser chaque matin un peu plus vers la sortie de mon appartement, et de faire ainsi de moi l’indésirable au sein de mon propre foyer. De ne pas m’autoriser la langueur d’un déjeuner qui traine. D’égrener les minutes comme des grains de sable et de fragmenter ma destinée en multiple de douze. Je devrais leur en vouloir, surtout, du contrôle que leurs petites aiguilles exercent sur moi. Docile, je m’agite au gré de leurs tic-tacs. Soumise, je me prends au jeu de leur fonction. Jacques a dit « debout ! », et je me lève.
Je ne connais guère plus cruel que ces tyranniques objets.
Je devrais honnir ces mécanismes, également, pour leur une hypocrisie sans fin. A moins qu’il ne s’agisse là d’une délicatesse de leur part, afin de me distraire face à la petitesse de mon existence. Cette hypocrisie consiste à me faire croire que chaque jour n’est que répétition. Admettez qu’il n’y a là aucune honnêteté de leur part. L’objet, s’il devait se montrer intègre, se présenterait telle une frise, avec un début et une fin (approximative). Ou un cercle, présentant 4 cadrans d’environ 20 ans, similaire au compteur d’un engin automobile (avec le dernier se parant de quelques nuances de rouge). La chose serait assez glauque, j’en conviens. Mais elle serait véritable.
Je devrais leur en vouloir, de décompter, ainsi, le temps imparti. Et pourtant je n’y parviens pas. Peut être à cause de leur bonne bouille, et de ce petit torse bombé. Peut être parce qu’ils ne demeurent, au fond, que des ustensiles inoffensifs. Mais surtout parce qu’il englobent les tendres souvenirs d’une mamie, de son chevet et de ces nuits, passées à observer leurs aiguilles phosphorescentes, seuls témoins de mes rêvasseries. Parce qu’ils rappellent le lit en bois et le crucifix parfaitement centré au dessus. Parce qu’il évoquent cette photo de famille que l’on a tant décryptée, pour savoir qui de tonton Bertrand ou de tante Marie avait le plus changé.
Je croyais ces dispositifs linéaires, parfaitement calibrés. Je pensais ces objets destinés à marquer ma progression dans un espace temps indiscutable. J’entrevois leur habilité à me trimbaler d’hier en demain, à se jouer de ma confusion. Ces petites choses sont beaucoup plus malignes que l’on croit.
Réveils dispo chez West Elm (oui, oui, je me rends bien compte que je viens de vous pondre un post sur des réveils…)




mais quel réveil…
)
Tu parles de l’objet, ou de celui du blog, dont on pensait qu’il était en hibernation?
Il n’y a que toi pour nous écrire un billet sur les réveils si agréable !
Ce qui est un comble quand on connait ma difficulté à me lever!
je me réveille!!!!! mais toujours temps de te souhaiter une belle année à toi Louise et tes proches!!!!….vintage les réveils, le rouge “tokyo”, me rappelle des souvenirs, réveil de voyage non,!? bacione……vite! vite! le lapin va passer par là!!!! vite!!!
Eh, eh, l’usage francais autorise les voeux jusqu’à fin Janvier de toute facon, non?
Alice, sors de ce corps!!!
Je ne suis pas très réveil , c’est mon tél portable qui me sert de réveil … Par contre, cela fait très longtemps que je songe à porter 2 montres , 1 à l’heure française et 1 autre à l’heure new yorkaise ..
Idem pour le téléphone, mais je le trouve vraiment joli cet objet. Et l’idée des vieux réveils pour marquer les fuseaux horaires, j’adore.
Ces réveils me rappellent moi aussi un pan de ma jeunesse
Je ne regrette pas cependant leurs alarmes stridentes…
Ah, ah, tu n’aimes pas les sonneries aigues?
Je me réveille avec la radio, je vais réveiller les enfants et je… me recouche !!! Je savoure cette chance depuis 2 ans 1/2 (un déménagement, un cabinet vendu et pas d’autre recréé dans la nouvelle région)!!! Mais ça ne va pas durer, je cherche à nouveau du travail, la pause prend fin… Donc là, je savoure ces instants sans pression de l’heure qui avance !!!
Veinarde! Quoique, j’ai été au chomage pendant plusieurs mois, j’ai donc eu la même opportunité. Et pourtant même pendant cette période, je culpabilisais si je faisais des grasses mat. Profite donc, en effet : je ne dors plus qu’en moyenne 6h par nuit, et je sens la pilule passer…